Des réseaux pour mieux écrire

A Mumbai, Bangalore, Kolkata, Chennai et Delhi, les étudiants des Alliances françaises profitent maintenant de réseaux sociaux pour pratiquer la langue française et partager leurs expériences d’apprentissage. Présentation de ces projets innovants communautaires.  

L’après #msFLE

msFLE - Mumbai 2011

msFLE – Mumbai 2011

Derrière le sigle, #msFLE, se cache une balise, à savoir un mot-clic, utilisée dans le vocabulaire propre aux réseaux sociaux numériques, notamment Twitter pour faire référence à la formation “Médias sociaux et Français Langue Etrangère” qui s’est tenue au mois d’août 2011 à Mumbai. Cette formation de deux jours a été organisée par l’Alliance Française de Bombay en collaboration avec l’Institut Français en Inde (service linguistique) et l’école internationale DAIS (Ambani School).
Twitter a en effet permis à plusieurs participants (ceux de Mumbai, Prachee Palsule et David Cordina, à Chennai, Shanthipriya Srinath, à Bangalore, Geetanjali Shrivastava, à Kolkata, Arpita Duta et à Bhopal, Neha Baghat) de rester en contact pour se lancer dans des projets communs de communautés d’apprenants de français de leurs institutions respectives. A noter également que ces projets ont reçu les aides du Fonds TICE de l’Institut Français (2011, 2012)

Qu’est-ce qu’un réseau social apprenant ?
Ces sites sont des réseaux sociaux (techniquement proches de ceux que le grand public connaît, tels que Facebook ou Linkedin) qui sont, ici, dédiés à une intention et une pratique pédagogique. Ces réseaux sociaux dédiés visent à développer l’écriture de la langue française par une pratique régulière sur Internet. Les sites s’adressent à tous les niveaux bien que les niveaux intermédiaires et avancés (B et C) soient privilégiés parce que l’écrit est le canal de communication le plus utilisé.

Des milliers de contributions (celui de Mumbai compte plus de 3500 membres), se développent des écritures tutorées et spontanées, allant de la simple socialisation – un simple bonjour dans le clavardage – à l’exercice de cours ou aux discussions spontanées – de longs textes argumentatifs de plus de 300 mots. De la part des concepteurs et des enseignants animateurs, il s’agit de développer une pratique formelle et informelle de l’apprentissage de la langue française.  Les enseignants viennent proposer des sujets et apportent des corrections aux textes des étudiants. Les sites peuvent offrir également des outils d’auto-apprentissage proposant des sitographies liées aux réseaux.
Enfin, outre l’enrichissement qu’ils apportent aux centres de langue, ils présentent  une vitrine numérique innovante d’un enseignement moderne des langues vivantes.

« Des bergers numériques »
Formés aux dernières pratiques numériques, les enseignants, porteurs de ces projets, se sont formés au métier d’animateur de communautés. On retrouve le schéma (présentée par Isabelle Quentin, doctorante-chercheur en sciences de l’éducation) de transfert de connaissances entre les communautés enseignantes et apprenantes sur Internet. Dépassant les phases de sociabilisation (renforcée par la rencontre réelle du mois d’août 2011) et d’externalisation de leurs pratiques et de leur veille, ces enseignants sont passés à la vitesse supérieure en franchissant deux nouvelles étapes : la combinaison de  leur savoir-faire pour des projets communs et enfin une phase d’internalisation, à savoir,  la création de leurs propres communautés.

Il faut saluer enfin l’engagement des directeurs des cours, Fanny Carril, François Dabin et David Cordina pour soutenir ces projets : financièrement car c’est la plateforme payante de réseau dédié Ning qui a été choisie et également dans la rémunération du travail des enseignants-animateurs.

 

Voici les liens de ces nouvelles  communautés d’apprenants indiens :

http://afmumbai.ning.com
Mumbaikar in French animé par l’équipe des enseignants de Mumbai dépassera bientôt les 3500 membres et l’outil est intégré aux pratiques des enseignants et des étudiants. Il est en fonction depuis octobre 2010.

http://afbangalore.ning.com/
Français Mathadona – « Ici on parle français » en langue du Karnataka, a vu le jour au mois de janvier. Les premières expérimentations sont lancées. La participation des étudiants commence bien.

http://french-collegeroad.ning.com/
Rendez-vous in Chennai est le réseau de l’AF de Madras. Il est en phase de construction mais est déjà lancé dans quelques classes. La participation est active.

http://afdelhi.ning.com
Le dernier né, French in Delhi (version beta) vient de sortir à la suite  de la formation donnée entre le 26 et 27 mars 2012.

D’autres réseaux ont été créées à la suite de la répétition des formations #msFLE. Voir l’article ici.

Pour davantage d’information et de description des usages des réseaux sociaux en langue vivante.
Cordina, D. (2011) : Design TIC pour la pédagogie des Langues, portfolio professionnel, novembre 2011
Quentin, I. (2012) : Les communautés d’enseignants : organisation et mode de fonctionnement. Revue en ligne Actualitice, février 2012.

Enquête sur les usages

Voici deux séries de questions de deux enquêtes qualitatives proposée en 2011 et 2012 (Master 2, Shwetal Randive et David Cordina – Université Stendhal, Grenoble).
Pour continuer l’analyse, les chiffres de fréquentation sont également à prendre en compte. Voir Google Analytics

Entre juillet 2013 et juillet 2014

Entre juillet 2013 et juillet 2014, environ 8000 visites par mois

sondage

sondage

QUESTION 1 :

sondage

QUESTION 2 :

sondage

QUESTION 3 :

sondage

QUESTION 4 :

sondage

Quelques conseils pour les etandems

En janvier 2012, j’avais écrit un premier article pour La Salle des profs : http://salledesprofs.org/ecrire-sans-frontieres– Cet article est une mise à jour car les sollicitations reprennent en ce mois d’avril 2014 : sont en construction en effet des projets entre l’université de Valenciennes, un lycée français et les classes de l’Alliance Française de Bombay.
Sur les réseaux sociaux apprenants des Alliances françaises en Inde, les étudiants peuvent communiquer entre eux mais depuis quelque temps déjà, certaines classes s’ouvrent de plus en plus au monde entier grâce à des projets d’e-tandems. Retour sur une pratique ancienne que les technologies TIC revalorisent.

Duo gagnant

etandems

etandems

Le tandem tel que l’université allemande de Bochum l’a défini dans les années 1970  met en relation deux locuteurs souhaitant apprendre la langue de l’autre, par un dispositif équilibré d’échange de paroles : 30 minutes d’anglais pour un français 30 minutes de français pour l’anglais, par exemple. Les rôles enseignant-apprenant alternent et la posture de chaque acteur est volontairement modifiée. Ce dispositif met en avant également des modes d’apprentissage informel avec une mise en valeur de l’approche collaborative entre pairs. A l’Alliance Française de Bombay, les etandems ne prennent pas cette forme mais ils essayent pourtant de garder la logique gagnant-gagnant.

Voir la suite de l’article sur le retour de l’expérience entre Mexico, Medellin et Mumbai.
Pour avoir d’autres exemples réalisés également avec l’Alliance Française de Bangalore (projet de Geetanjali et de Laurence), veuillez également consultez cette page Etandems – conseils et exemples Scoop.it

La Rochelle - Bangalore

La Rochelle – Bangalore

Vous pouvez ci-dessous télécharger une fiche pédagogique qui retrace le projet d’etandem de deux classes – une classe de lycéens français de La Rochelle avec une classe d’apprenants FLE indiens de l’Alliance Française de Bangalore.
Laurence Juin, Geetanjali Shrivastava, DAvid Cordina, les auteurs et rédacteur de ce projet, se connaissent par Twitter. C’est ce réseau social qui a permis les rencontres de ces enseignants et  favorisé ensuite l’éclosion de cet etandem-ci, bref  et précis, qui est la répétition d’une série d’autres déjà entamés entre La Rochelle, Bombay, Mexico, Medellín et d’autres classes d’autres villes… (voir les articles etandems de ce site).
Rappelons alors l’importance de Twitter pour développer la sérendipité et l’échange fructueux souvent rapide et spontané à l’origine des projets pédagogiques de télécollaboration. Voici sans doute la première étape capitale : les enseignants doivent avant tout être en ligne pour que leurs apprenants les suivent.
Cette fiche retrace les grandes lignes de la télécollaboration du projet: le premier échange important sur Google doc et ensuite sa concrétisation sur Twitter et surtout ici, Ning.

Téléchargez la fiche_creeruntandemFLE_Histoire
Voir la réalisation de ce scénario ici : http://afbangalore.ning.com/group/b2-weekend-sept2012-geetanjali/forum/topics/e-tandem-gadoriole-afbglr

WhatsApp en classe de FLE

Whatsapp, l’application téléphonique d’échanges de messages, une sorte de mini-réseau social pour les usagers des téléphones qui ont accès à Internet est entré massivement dans les classes depuis deux ans. Ce sont les apprenants eux-mêmes qui ont échangé leurs numéros et ont commencé à créer les groupes-classes. Les enseignants les ont rejoints. L’Alliance Française, aussi.

WhatsApp

Application de Messagerie

WhatsApp est une application mobile de messagerie multiplateforme permettant d’échanger des messages sans avoir à payer pour de  SMS. Il est à noter que c’est l’initiative spontanée des apprenants qui a développé l’usage de ce nouvel outil de communication qui a un grand succès en Inde (bien plus qu’en France. Pourquoi ? Soit par un retard des français, soit parce que les communications entre les états indiens sont bien plus accessibles par Internet que par SMS car le national roaming coûte ou gêne les échanges inter-états.)

Des messages courts, quotidiens : un continuum relationnel.
Comme pour les listes de diffusion entre les apprenants, les échanges sont voulus avant tout d’ordre pratique : cours annulés, retards, annonce d’absence. Plus intéressants sont les  échanges d’ordre socio-affectif en langue française continuant l’approche communicative des cours où seul le français est utilisé en classe.

Cela permet aux apprenants de réviser quotidiennement sur leur mobile les salutations ou de s’exprimer sur des sujets quotidiens comme la santé, la météo ou le trafic de la ville de Mumbai. Cependant cela peut tourner court et ces échanges perdent vite leur intérêt pédagogique.
Depuis l’arrivée des enseignants et une observation des échanges (rites de conversation, discussions, arrêt, reprise, relance de sujet et réactions), l’Alliance française prévoit de développer des scénarios qui peuvent être proposés aux groupes pour enrichir les discussions et apporter une médiation pédagogique.

Un dispositif hebdomadaire de Tour de paroles, peut être envisagé par exemple : donner à un groupe de 2 apprenants le rôle de lancer de nouveaux sujets. Et à d’autres groupes, un rôle de correcteur orthographique en utilisant l’icône du crayon. Whatsapp utilise beaucoup d’émoticônes. On peut aussi imaginer les commentaires du groupe des correcteurs par un autre groupe (toujours signalisé par une autre icône) avant l’intervention normative de l’enseignant.

Le recours à l’image est important. Poster des images est très facile sur ces téléphones. On peut proposer des sujets d’écriture comme mon chemin quotidien en demandant à l’apprenant de poster une ou deux images. On suscite ainsi les réactions et commentaires des autres usagers du groupe.
Les sujets de discussion autour d’énigme fonctionnent aussi bien : quel est cet objet ? quel est ce lieu ?
D’autres idées viendront avec une présence accrue notamment des enseignants de niveau A1 qui peuvent par  l’aspect court et immédiat de ces échanges développer de réelles stratégies de pratique de la langue dans un cadre d’apprentissage numérique.

De plus, Prachee Palsule, enseignante à l’AFBombay et à l’école internationale Hill Springs a lancé ici même dans le forum un sujet de discussion qui donne des exemples de pratiques de classe, d’entraide enseignante, quelques réserves sur la fermeture et le manque de sérendipité de WhatsApp par rapport à Twitter. Cette discussion est intéressante et montre les usages contemporains de cet outil. Voir le forum ici.

Ces applications (cela pourrait Lime ou Viber) donne une version mobile et d’accès facile aux apprenants de niveau A1 dans les échanges de réseau social : ensuite, ce sera Mumbaikar in French, réseau sur navigateur Internet, pour des textes plus longs et des projets éditoriaux plus complexes.

Jeux d’écritures

Métiers du monde

Métiers du monde

En ces temps de rentrée culturelle et au milieu du semestre, l’équipe de la direction des cours de l’Alliance Française de Bombay lance de nouveaux projets pour associer d’une façon créative la programmation culturelle et le suivi des cours.

En effet,  nous observons que la participation des étudiants aux événements culturels que l’AF propose est parfois décevante : les jeux présentés ci-dessous sont censés augmenter leur engagement d’abord par des contributions en ligne et plus tard, en amont ou en aval d’un événement réel (une exposition, un concert, un événement à l’auditorium du centre…).
Ces projets ouvrent la classe, varient le déroulement classique d’un cours de 150h, et mettent en avant la production de l’apprenant, son écriture, considérée ici comme objectif pédagogique.

L’environnement numérique que nous avons mis en place permet de développer la créativité et de diversifier les différents niveaux d’écriture.  Les jeux transmédias développent chez les apprenants plusieurs types d’écriture , celle de la langue française, objectif final pour l’Alliance française, car c’est la langue enseignée, mais également des écritures créatives que ce soit sur des supports photographiques numériques ou vidéo.

Plusieurs réseaux sociaux sont ensuite utilisés dans ce même but pédagogique et de communication. Le tout est hébergé, communiqué ou diffusé  sur  Facebook, Twitter, Instagram, Ning, Pinterest, et d’autres mais regroupés de différentes façons pour susciter commentaires, réactions des différents membres, attirer de nouveaux participants et contribuer à une cohésion de groupe autour de l’Alliance.

Il s’agit, et c’est l’enjeu, de travailler sur les mécanismes d’engagement, ici dans une optique éducative.

1. Une idée de scénario pour l’écriture : les journées du patrimoine, un concours photographie, une thématique : les métiers du monde.
2. Une balise un mot-clé : un slogan en hastagh en # – #captionme #legendemoi
3. Un projet pédagogique commun à plusieurs enseignants de différentes parties du monde.

Dernier jeu : #legendemoi #captionme – version Métiers du monde. 

En route pour la Réunion

Dans le cadre des Saisons sud-africaines en France 2013, l’Université de la Réunion et le centre local de la Réunion du Centre International d’Etudes Pédagogiques (CIEP), accueilleront, en collaboration avec l’Université du Cap (Afrique du Sud), des rencontres scientifiques autour du thème “Apprendre et enseigner le français à l’heure du numérique”, du 4 au 6 novembre 2013. L’Alliance Française de Bombay sera présente pour présenter ses projets numériques. 

Université de la Réunion

Université de la Réunion

Ces rencontres, qui réuniront acteurs du e-learning du Nord et du Sud, seront l’occasion d’échanger résultats de recherche et réflexion scientifique, mais aussi de confronter les données de la recherche à la pratique des enseignants et des apprenants. Centrées sur l’utilisation du numérique aussi bien pour l’enseignement-apprentissage du français que pour la formation des formateurs de français, elles visent :
– à dresser un bilan d’étape de la recherche et des pratiques afin de mieux comprendre les différentes approches didactiques liées aux TICE / au numérique ;
– à expliciter les nouvelles perspectives et potentialités que représente une utilisation raisonnée des dernières évolutions technologiques.

Le potentiel et l’effet des mutations technologiques sur le processus d’enseignement-apprentissage, notamment des langues, est un thème largement traité dans la recherche. Ainsi, de nombreux ouvrages sont sortis ces dernières années sur l’utilisation des « nouvelles » technologies pour l’enseignement-apprentissage des langues revenant sur l’histoire de l’utilisation des TICE et/ou ouvrant de nouvelles perspectives . Toutefois, l’influence des technologies sur les cultures d’apprentissage et réciproquement des cultures d’apprentissage  sur l’appropriation des TICE restent peu étudiées, notamment dans la zone Afrique australe et orientale – Océan indien. Par ailleurs, comme le montrent Guichon pour l’enseignement des langues dans le secondaire français, ainsi que des rapports nationaux  et internationaux  sur l’utilisation des TICE en milieux scolaire et universitaire, les pratiques restent bien souvent en deçà de ce que la recherche met en avant.

Elles porteront une attention particulière à la situation spécifique des pays de la zone de l’Océan indien et de l’Afrique australe et orientale car, même si la fracture numérique se fait encore ressentir de façon manifeste dans certains pays de cette zone, les apprenants, mais aussi les institutions éducatives se tournent de plus en plus vers les TICE, comme le montre la littérature abondante dans le domaine et la tenue régulière de conférences et colloques internationaux tels que elearning Africa.

David Cordina est invité en tant que communicant pour décrire les usages de Mumbaikar in French ainsi que tous les réseaux apprenants développés dans les Alliances françaises en Inde sous les formations #msFLE.

 Plus d’infos : http://colloque2013.fle.re/

 

Amplificateur d’écriture

La formation «Médias sociaux et pédagogie du français langue étrangère » vient de se dérouler pour sa quatrième et cinquième édition dans les villes de Pune et d’Ahmedabad pour leurs Alliances françaises respectives. Cette formation coorganisée par le réseau des Alliances françaises en Inde (ici Bombay, Pune et Ahmedabad)  a réuni toutes les équipes enseignantes des deux villes.

Le groupe d’Ahmedabad

Guidés par leur formateur, David Cordina, directeur des cours de l’Alliance Française de Bombay, les deux groupes très motivés ont pris en main leurs deux nouveaux réseaux sociaux apprenants (avec les outils Ning et Twitter pour les enseignants les plus avancés et motivés).  Les deux sites offrent aux apprenants indiens un riche espace d’écriture collaborative organisé par l’administrateur et l’équipe des enseignants. Toutes les fonctionnalités récentes d’Internet sont disponibles : chat, version smartphone, blogs, pages personnelles, forum… Pour les Alliances françaises, il s’agit de montrer la vitalité pédagogique des cours de FLE et ainsi de se mettre au service d’une francophonie active des étudiants accompagnés par leurs enseignants. Plusieurs milliers d’apprenants indiens sont déjà inscrits à ce genre de réseaux à travers toute l’Inde (voir l’article synthèse des formations #msFLE et réseaux apprenants). Vous pouvez donc visiter le résultat de la formation sur les sites Punécoeurs et French In Ahmedabad.

L’agir social en situation d’apprentissage
La formation a permis de faire créer des scénarios d’activités qui illustrent la pédagogie du projet, qui n’est pas encore assez bien connue par les enseignants indiens de langue vivante. La production écrite (et orale) des étudiants est l’objectif final de ces séquences. Ces pratiques ouvrent la classe sur l’extérieur et permettent aux apprenants de naviguer sur un Internet francophone en se socialisant avec d’autres apprenants.  Les enseignants proposent différents projets allant du scénario pédagogique complexe, aux discussions argumentatives ou à la simple contribution par l’écriture d’un commentaire. Ils proposent aussi médiations et activités d’apprentissage. Ces pratiques favorisent le travail entre pairs et externalisent l’apprentissage et l’enseignement de la langue.

Au delà de l’approche technique, se mène une réflexion sur une pédagogie active, pédagogie de projet que nous nommons dans le jargon technique du FLE, la perspective actionnelle qui développe l’agir social de l’apprenant dans une situation d’apprentissage francophone. Dans cet environnement dédié, l’agir social est davantage sollicité dans les projets d’écriture médiatisée fomentant le plus d’interactions possibles et d’activités langagières. (cf. Christian Puren, université Clermont-Ferrand)

Un jeu signifiant : le générateur poïétique

Le générateur poïétique

Une session du générateur poïétique à Ahmedabad

En milieu de séance, après la pause de midi, la formation a proposé, suite aux propositions de Florence Meichel, formatrice spécialisée dans les réseaux apprenants, de consacrer un temps au jeu du générateur poïétique créé par Olivier Auber, chercheur indépendant, associé depuis 2012 au groupe de recherche interdisciplinaire « Evolution, Complexity and Cognition » (ECCO) et au Global Brain Institute, de l’Université Libre de Bruxelles.  Ce jeu en réseau est une métaphore de l’évalution constante et collective des réseaux apprenants.
Dans le générateur poïétique, des joueurs humains (en nombre potentiellement illimité) contrôlent en temps réel les éléments graphiques d’une matrice globale, à raison d’une unité par personne. Toutes les actions des joueurs sont visibles en permanence par chacun d’eux. Le but du jeu est de simplement de faire apparaître collectivement des formes reconnaissables par tous et d’observer ensemble comment elles se créent.

« L’agir poïétique, comme l’écrit Olivier Auber, c’est lorsque le sens de l’action se construit dans l’action elle-même, selon les possibles qui s’en dégagent et non pas selon des plans et objectifs construits au préalable. C’est une action prenant place dans un contexte peu régulé où l’acteur n’est pas en mesure d’en saisir les règles. En agissant, les buts et le sens se construisent et le contexte se régule. Le générateur poïétique permet de comprendre que ce contexte peu régulé est en fait très contraignant, à l’image des 20×20 pixels à disposition. Sans les possibles donnés par l’activité de l’autre, les possibles du champ à disposition sont extrêmement réduits. Ces possibles, on les sollicite et les saisit dans l’action de donner de la couleur à ces simples pixels. »
Le générateur poietique permet donc de révéler la complexité de l’action humaine dans une apparente simplicité. Les participants indiens ont, suite à des questions très simples sur leurs pratiques, compris la logique et le rapport avec les réseaux apprenants dont ils disposent dorénavant pour accompagner leurs communautés d’apprenants.

Pour en savoir plus :

Site : http://poietic-generator.net
Blog : http://poietic-generator.net/blog/
Wikipedia : article sur le générateur poïétique
Blog de Florence Meichel : http://florencemeichel.blogspot.in/ et http://www.apprendre2point0.org/

 

Rehancing French writing skills

#msFLE @ Ahmedabad - Alliance française
#msFLE @ Ahmedabad – Alliance française

(original article « Amplificateurs d’écritures » in French here) The fourth and fifth editions of the training “Social media and skills of teaching French as a foreign language” (Français langue étrangère, FLE) took place in Pune and Ahmedabad for their respective Alliances Françaises. Co-organized by the network of Alliances Françaises in India (here Bombay, Pune, and Ahmedabad), this training brought together the teaching teams from the two cities.

Under the guidance of their trainer, David Cordina, Director of studies, Alliance Française de Bombay, the groups discovered and took charge of their two new social networks dedicated to French learners (with tools like Ning and Twitter  (hashtags #msFLE) for the most motivated and advanced teachers). These sites offer a rich space of collaborative writing to the Indian students, designed by the administrator with a team of teachers. All the latest features of Internet, such as chat, smartphone version, personal pages, blogs, eportfolios and forums, are available on these social networks.
For the Alliances Françaises, this is about showing the educational vitality of the French courses and thereby promoting the activity of francophone  (french-speaking) student groups with the assistance of their teachers. Thousands of Indian learners across the country have already joined such networks (see the overview of trainings #msFLE and networks for learners). The results of this training can be seen on the websites Punécoeurs et French in Ahmedabad

« L’agir social » : the social movement / a social behavior in learning situations

The training facilitated the creation of various activities that illustrate the technique of social-constructivist principles (pédagogie du projet) and action-oriented approach (perspective actionnelle), which is not yet completely known to the Indian French language teachers.
The prime objective of this technique is to enhance the students’ skills by encouraging them to write as much as possible. As this website takes the process of learning outside the classroom, it promotes learners’ interaction with the French-speaking internet users while socialising with other learners. The teachers propose various activities as webquests (creative social-learning situations) and other complex learning scenarios, formal argumentative discussions, or simple comments in threads. At the same time, the teachers also correct the texts written online by the students. Such activities promote the interaction among the learners and their peers; the processes of writing as well as teaching are made visible.
From the theoretical point of view this approach is a reflection of, in the technical jargon of FLE, the action-oriented approach, “la perspective actionnelle” This approach develops the social performance of learners through situation-based learning activities. In such a dedicatedly learner-oriented environment, social performances are even more useful in the writing activities designed for encouraging expression.

A game of signifiance–the poietic generator / the générateur poïétique

In the middle of the session, the participants were asked to do an activity as suggested by Florence Meichel, a trainer specialized in learning networks. This activity was dedicated to the game of poietic generator, created by Olivier Auber, independent researcher, associated with the interdisciplinary research group “Evolution, Complexity and Cognition” (ECCO) and with the Global Brain Institute of free/open university at Bruxelles. This network game is a metaphor for the constant and collective evolution of learning networks. In poietic generator, a large number of users co-create the graphic elements of a global design in real time, as individual graphic units. All the actions of the players are visible in their individual performances. The objective of this game is to collectively bring out the recognizable forms performed by everyone and to observe their creations.
« The poietic performance,” as written by Marie Jammet-Reynal of Fribourg University to Olivier Auber, “is when the sense of action is inbuilt, according to the extricating possibilities and not according to the preliminary objectives or prior plans. It’s an action taking place in the less regulated context where the doer of the action cannot be aware of the rules. While performing, the objectives and the sense are built in itself and the context regulates itself. The poietic generator facilitates the comprehension that this little-regulated context is actually very constraining (like the image of 20 x 20 pixels only). Without the possibilities given by the activities of others, the possibilities of available field are extremely reduced. These possibilities are solicited and caught in the action of giving color to these simple pixels.”
The poietic generator reveals the complexity of human co-creation in an apparent simplicity. After very simple questions on their practice, the Indian teachers understood the logic and the link with the French-learning networks, which they will use now to catalyze the communities of their students.

To know more :

Site : http://poietic-generator.net
Blog : http://poietic-generator.net/blog/
Wikipedia : article sur le générateur poïétique
Blog de Florence Meichel : http://florencemeichel.blogspot.in/ et http://www.apprendre2point0.org/
Marie Jammet-Reynal http://ch.linkedin.com/pub/marie-jammet-reynal/54/b46/907