Mumbaiphotohunt : une chasse au trésor transmédia

Mumbai Photo Hunt

Mumbai Photo Hunt – durant février 2014

A l’occasion de la Fête de la Photo, le festival organisé par l’Ambassade de France en Inde et son réseau culturel (Institut Français et Alliances françaises), une chasse au trésor photographique est organisée dans la ville de Mumbai durant tout le mois de février 2014. Avec ses centaines de photos déjà publiées, le concours remporte un vif succès : il joue des pratiques modernes de la photographie numérique et de la narration transmédia propre aux projets culturels contemporains.

L’objectif premier de la Fête de la Photo est de promouvoir une démocratisation de la photographie en proposant dans onze villes indiennes des expositions en plein air, ouvertes à tous et dans des lieux différents des espaces traditionnels d’accès à la culture. Pas de galeries, ni de musées, les expositions de photographes français et indiens  (tels que T. Legault, X. Zimbardo, U. Moshsin, L. Lavader, G. Rene, C. Plantin, A.Talwar, A.Mann…) sont présentées dans les jardins et les parcs, sur des panneaux publicitaires de l’espace urbain, sur les murs de maisons individuelles dans la vieille villes d’Ahmedabad par exemple, ou dans le jardin de Nehru Center de Mumbai ou encore du jardin de Jantar Mantar de New Delhi.

Le festival souhaite, de plus, prendre en compte les pratiques contemporaines de la photographie et notamment celles des téléphones et de l’Internet. La capture d’image, l’édition et la publication photographiques se généralisent et ce phénomène soulève, comme toujours avec Internet et la révolution numérique qu’il fomente, des débats sur cet art le plus partagé de tous. L’Institut Français en Inde a donc sollicité l’Alliance Française de Bombay de se lancer dans l’écriture d’un jeu transmédia qu’elle avait déjà développé pour les journées du Patrimoine 2012 avec un concours numérique sur le patrimoine caché de la ville. En 2014, la #mumbaiphotohunt telle qu’on l’appelle sur les réseaux sociaux, se base principalement sur l’outil social de partage de photographies Instagram. Il se décline aussi par viralité de la balise-hashtag #mumbaiphotohunt sur Twitter, Facebook et Pinterest.

Un parcours de dix défis
Six défis créatifs et trois défis de chasse au trésor permettent d’accéder à la finale. Il s’agit pour chaque défi de poster une photo sur Instagram taguée, en français étiquetée ou balisée par le mot-clic #mumbaiphotohunt. Ainsi, reproduire par un autoportrait – un « selfie » ou un « usie » comme on dit en ligne –  des affiches populaires de films de Bollywood, poster une vision vintage noir et blanc de la ville, photographier un cliché français, capturer en image le ciel de la ville, légender une photographie d’Henri Cartier-Bresson font partie de la liste des défis.  Pour la chasse au trésor, trois carrés rouges qui disposent de flashcodes donnant les énigmes à suivre sont dispersés à travers des lieux emblématiques de la ville que les participants se doivent de retrouver.

Le jeu ouvert à tous se déroule à temps réel et la galerie de nouvelles publications est visible à tout instant. Une production collective se met en œuvre avec son lot de difficultés également : c’est en effet uniquement par l’écriture de la balise que les participants font apparaître leur photo. Cela attire donc aussi les photographes qui ne veulent profiter que de la renommée d’une balise sans suivre réellement les règles des défis. Cela demande donc de la part des organisateurs suivis, médiations, commentaires et republications des meilleurs clichés. Les groupes d’Instagrammers, à savoir des groupes de photographes amateurs de Mumbai participent et relaient le concours : commencé lors du festival de Kala Ghoda qui lui sert de plateforme, le concours est bien lancé avec plus de 577 photos en une semaine. Dans quelques jours, les gagnants seront sélectionnés lors d’une finale où une série de trois photographies par chaque finaliste départagera les gagnants.

Le site support du jeu : http://mumbaiphotohunt.tumblr.com/ et la gallerie en ligne et à temps réel.

WhatsApp en classe de FLE

Whatsapp, l’application téléphonique d’échanges de messages, une sorte de mini-réseau social pour les usagers des téléphones qui ont accès à Internet est entré massivement dans les classes depuis deux ans. Ce sont les apprenants eux-mêmes qui ont échangé leurs numéros et ont commencé à créer les groupes-classes. Les enseignants les ont rejoints. L’Alliance Française, aussi.

WhatsApp

Application de Messagerie

WhatsApp est une application mobile de messagerie multiplateforme permettant d’échanger des messages sans avoir à payer pour de  SMS. Il est à noter que c’est l’initiative spontanée des apprenants qui a développé l’usage de ce nouvel outil de communication qui a un grand succès en Inde (bien plus qu’en France. Pourquoi ? Soit par un retard des français, soit parce que les communications entre les états indiens sont bien plus accessibles par Internet que par SMS car le national roaming coûte ou gêne les échanges inter-états.)

Des messages courts, quotidiens : un continuum relationnel.
Comme pour les listes de diffusion entre les apprenants, les échanges sont voulus avant tout d’ordre pratique : cours annulés, retards, annonce d’absence. Plus intéressants sont les  échanges d’ordre socio-affectif en langue française continuant l’approche communicative des cours où seul le français est utilisé en classe.

Cela permet aux apprenants de réviser quotidiennement sur leur mobile les salutations ou de s’exprimer sur des sujets quotidiens comme la santé, la météo ou le trafic de la ville de Mumbai. Cependant cela peut tourner court et ces échanges perdent vite leur intérêt pédagogique.
Depuis l’arrivée des enseignants et une observation des échanges (rites de conversation, discussions, arrêt, reprise, relance de sujet et réactions), l’Alliance française prévoit de développer des scénarios qui peuvent être proposés aux groupes pour enrichir les discussions et apporter une médiation pédagogique.

Un dispositif hebdomadaire de Tour de paroles, peut être envisagé par exemple : donner à un groupe de 2 apprenants le rôle de lancer de nouveaux sujets. Et à d’autres groupes, un rôle de correcteur orthographique en utilisant l’icône du crayon. Whatsapp utilise beaucoup d’émoticônes. On peut aussi imaginer les commentaires du groupe des correcteurs par un autre groupe (toujours signalisé par une autre icône) avant l’intervention normative de l’enseignant.

Le recours à l’image est important. Poster des images est très facile sur ces téléphones. On peut proposer des sujets d’écriture comme mon chemin quotidien en demandant à l’apprenant de poster une ou deux images. On suscite ainsi les réactions et commentaires des autres usagers du groupe.
Les sujets de discussion autour d’énigme fonctionnent aussi bien : quel est cet objet ? quel est ce lieu ?
D’autres idées viendront avec une présence accrue notamment des enseignants de niveau A1 qui peuvent par  l’aspect court et immédiat de ces échanges développer de réelles stratégies de pratique de la langue dans un cadre d’apprentissage numérique.

De plus, Prachee Palsule, enseignante à l’AFBombay et à l’école internationale Hill Springs a lancé ici même dans le forum un sujet de discussion qui donne des exemples de pratiques de classe, d’entraide enseignante, quelques réserves sur la fermeture et le manque de sérendipité de WhatsApp par rapport à Twitter. Cette discussion est intéressante et montre les usages contemporains de cet outil. Voir le forum ici.

Ces applications (cela pourrait Lime ou Viber) donne une version mobile et d’accès facile aux apprenants de niveau A1 dans les échanges de réseau social : ensuite, ce sera Mumbaikar in French, réseau sur navigateur Internet, pour des textes plus longs et des projets éditoriaux plus complexes.